Voici un article intéressant paru sur le site: www.rue89.com

Modes de scrutin: avec des si, Bayrou serait à l’Elysée

Par Carole Belmont (Journaliste) 18H41 14/06/2007

François Bayrou se consolera peut-être de son absence au second tour de la présidentielle en apprenant que trois consultations alternatives menées le 22 avril dernier l’ont donné gagnant!

4500 personnes ont en effet voté selon des modes de scrutin différents de la méthode actuelle, dite plurinominale à deux tours. En Alsace, en Normandie et en Pays de Loire, à l’initiative du Centre d’analyse stratégique (ex-commissariat au Plan) et sous la responsabilité de chercheurs des universités de Caen et de Strasbourg, les électeurs de six bureaux ont rempli deux types de bulletins, en plus du « vrai » qu’ils ont glissé dans l’urne. Sur l’un ils ont évalué les candidats en leur attribuant la note « 2 », « 1 », ou « 0 ». Sur l’autre, il ont « approuvé », ou non, chaque candidat.

Résultat, Bayrou devance à chaque fois Royal et Sarkozy, qui sont dans un mouchoir. Le Pen passe en dixième position au vote « par note » et en sixième à l’approbation. Besancenot et Voynet progressent en se classant respectivement aux quatrième et cinquième places.

Même bonne nouvelle pour le candidat centriste dans trois bureaux d’Orsay. Cette fois, deux chercheurs du laboratoire d’économétrie de l’Ecole polytechnique ont fait remplir un bulletin de leur invention aux votants. Ceux-ci devaient attribuer des mentions aux candidats: « très bien », « bien », « assez bien », « passable », « insuffisant » ou « à rejeter ».

Bayrou, Royal et Sarkozy recueillent la mention « assez bien » comme mention majoritaire (la mention pour laquelle plus de 50% des votants ont mis une mention supérieure ou égale, c’est la mention « médiane »).

Mais le centriste passe devant, car il totalise plus de mentions « supérieures » à « Assez Bien » que ses concurrents. Le Pen est dernier avec une mention majoritaire « à rejeter » , 71,7 % des votants lui attribuant cette dernière. Dominique Voynet est quatrième avec la mention « passable » et Besancenot (« insuffisant ») passe juste derrière.

Ce n’est évidemment pas pour contester le vrai gagnant que les chercheurs ont mené ces tests grandeur nature. D’abord, ils voulaient montrer qu’un scrutin n’est pas aussi neutre qu’on pourrait le penser.

Ensuite, ils cherchent la méthode alternative qui pourrait compenser à l’avenir le défaut principal de l’actuelle: les électeurs ne votent pas forcément pour leur préférence mais sont contraints par des stratégies électorales de type vote « utile » ou « tout sauf X ».

Les trois méthodes testées, en permettant de nuancer son jugement, évitent ce type de manipulation électorale. Selon les chercheurs, le public a apprécié ces possibilités nouvelles d’expression. Les analystes électoraux devraient aussi se régaler car la lecture du scrutin est plus riche, sans recourir aux sondages. La sensibilité écologiste paraît partagée par un plus grand nombre d’électeurs que ne le laisse penser le résultat du premier tour de Dominique Voynet. Et le « petit »

candidat Olivier Besancenot dépasse Le Pen, dont ces scrutins permettent de mesurer autant l’adhésion que le rejet.

Reste maintenant à choisir entre les méthodes. Une nouvelle bataille électorale? »

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